Il est largement reconnu que la valorisation et la reconnaissance du personnel constituent des leviers essentiels pour favoriser leur bien-être au travail et la rétention des employés. Toutefois, la reconnaissance n’est ni une solution unique ni une pratique uniforme. Elle prend de multiples formes et peut s’exprimer de différentes façons selon les personnes et les contextes.
Toutefois, une question demeure : quelles formes de reconnaissance sont réellement souhaitées par le personnel infirmier?
Les 1726 participant(e)s du Temps 4 du projet EXPRIMER ont partagé une vision nuancée de ce qui leur semble le plus significatif.
Se sentir véritablement considéré
Pour les participants, la reconnaissance va bien au-delà d’un simple « merci » ou de gestes symboliques occasionnels. Bien que ces marques d’appréciation soient appréciées, elles ne suffisent pas à elles seules. Le personnel infirmier souhaite être reconnu pour ce qu’il accomplit, mais aussi pour ce qu’il est, pour ses qualités humaines et pour son potentiel de développement. En somme, il souhaite se sentir considéré, écouté et valorisé dans sa globalité.
Reconnaître la pratique…et la personne
Les résultats mettent en lumière l’importance de deux formes complémentaires de reconnaissance : la reconnaissance de la pratique professionnelle et la reconnaissance existentielle. D’une part, les participant(e)s souhaitent que leurs compétences, leur expertise, leur rigueur et la qualité de leur travail soient reconnues. Elles/Ils accordent également de l’importance à l’encadrement professionnel et au soutien qui favorisent leur développement. D’autre part, elles/ils désirent être valorisés pour leurs qualités humaines, leur savoir-être et leur contribution comme personne, indépendamment de leur rendement ou de leurs résultats. Fait intéressant, ces formes de reconnaissance sont perçues comme plus significatives que celles centrées uniquement sur les efforts déployés ou les résultats atteints.
D’une manière variée, mais personnalisée
Les participant(e)s apprécient que les pratiques de reconnaissance soient diversifiées. Toutefois, ce n’est pas tant la quantité des initiatives qui importe que leur pertinence. Une reconnaissance spécifique, authentique et adaptée au contexte est davantage valorisée qu’une approche standardisée ou impersonnelle. Souligner une contribution précise, reconnaître une compétence particulière ou mettre en lumière un accomplissement concret semble avoir beaucoup plus d’impact qu’un message générique adressé à tou(te)s. Les résultats du projet Exprimer permettent également de cerner concrètement les pratiques de reconnaissance les plus appréciées par les participant(e)s : 1) attentions, rémunérations et avantages ; 2) soutien au parcours professionnel ; 3) environnement social sain ; 4) ressources et conditions de travail ; 5) possibilités d’influence au travail ; 6) latitude décisionnelle.
Une reconnaissance des supérieurs et de l’organisation
Bien que la reconnaissance provenant des collègues, des patients ou encore du gouvernement soit importante, les participants accordent une valeur particulière à celle exprimée par les supérieurs immédiats et par l’organisation. De la part des supérieurs, la reconnaissance se manifeste par la proximité, l’écoute, l’appréciation et la confiance. Surtout, elle prend tout son sens lorsqu’elle s’accompagne d’actions concrètes : offrir du soutien, tenir compte des réalités du terrain et créer des conditions favorables à l’exercice du travail. À l’échelle organisationnelle, les participant(e)s souhaitent que les décisions, les politiques et les pratiques démontrent concrètement que le personnel, son travail et son bien-être sont considérés comme des priorités.
En conclusion
Les résultats du projet EXPRIMER rappellent que la reconnaissance ne se résume pas à souligner les efforts ou les résultats. Pour être porteuse de sens, elle doit valoriser autant la pratique professionnelle que la personne, tout en se traduisant par des gestes concrets de soutien et de confiance.
